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lundi 16 septembre 2013

6 jours de bateau au coeur de l´Amazone


Prochaine étape après l'altitude, la jungle d'Iquitos. Pour ça, environ 15 heures de bus jusqu'à Lima et 16 de plus jusqu'à Pucallpa. Une petite nuit de transit à Lima s'impose et on en profite pour rendre visite à CIMA, "centro de integracion de menores en abandono", foyer dans lequel nous allons travailler à notre retour le mois suivant.

A Pucallpa on est déjà dans la selva, mais pas encore au cœur de la forêt amazonienne. Pour ça, il nous faut rejoindre Iquitos en bateau. Dès notre arrivée on se présente au port. Sur un bateau, un panneau indique un départ le jour même mais tout le monde sait qu'il ne partira pas... On nous affirme que le départ aura lieu le lendemain mais vu le peu de cargaison chargée on n'a quand même de gros doutes.


Le jour suivant on se présente avec toutes nos affaires, on attache nos hamacs dans lesquels on va dormir et on fait connaissance avec Adrien, Yann et Damien en attendant le départ prévu à midi, puis repoussé à 16h, puis 18h, puis... au lendemain.



Pour nos trois nouveaux amis ce sera la deuxième nuit passée à quai. Pour nous la première et par chance la dernière ! Le bateau largue enfin les amarres le lendemain dans la matinée. Juste avant l'heure du départ il est chargé à bloc tant en marchandises qu'en personnes. On serre nos hamacs les uns contre les autres.


Sur le bateau tous les jours défilent au rythme de l'eau, du paysage et des repas. A 7 heures la cloche sonne pour le petit déjeuner : petit pain et riz au lait (mais pas pour Ciçou qui a horreur de ça). A midi elle sonne encore pour le déjeuner et à 17h (non non ce n'est pas une faute de frappe) pour le dîner. Au menu, un peu de viande et du riz, du riz, du riz ou quand c'est fête des pâtes ! Tout le monde fait la queue avec sa popote en attendant le festin.


Chaque jour se ressemble et on a l'impression de s'empâter en restant toute la journée allongés dans nos hamacs. Heureusement, quand le bateau s'arrête les chargements et déchargements nous donnent l'occasion de faire de supers balades de quelques pas pour voir ce qui se passe de la proue du bateau. 




Tout le monde s'active pour qu'on reparte au plus vite. Les cochons sont chargés au milieu des bananes et des pastèques.




Après tout ça c'est l'heure de la douche... Un grand moment. On vous laisse apprécier le grand luxe à travers les photos, étant précisé que l'eau de la douche et des robinets (et du riz au lait??) est celle du Rio, bien marron... Les filles, prêtes à relever le défi? C'est à se demander si on est vraiment plus propres après le bain. Mais au moins on se sent mieux car il fait chaud la journée.



Quand on a de la chance, on lève la tête et on aperçoit des dauphins, gris le plus souvent, mais aussi roses, qui jouent ou chassent pour notre plus grand plaisir. 
Cette "croisière" est aussi et surtout un moment de partage formidable avec les familles péruviennes présentes sur le bateau. 




Le paysage verdoyant défile doucement pendant cette petite semaine qui se déroule très tranquillement. 




Le 6ème jour on débouche sur le mythique Rio Amazone, quelques heures avant notre destination. On aura appris la patience...


dimanche 1 septembre 2013

Toujours plus près des étoiles... Chachani : 6075 m


Il est difficile de marcher dans les ruelles d'Arequipa sans être confronté à un moment ou à un autre à ces masses immenses qui surplombent la ville. 
On se surprend au détour d'un coin de rue à s'arrêter, le regard perdu sur un de ces gigantesques volcans que sont le Chachani et le Misti. 
Le plus grand d'entre eux est le Chachani (6075m) qui s'élève à plus de 3.7km au dessus d'Arequipa. 

                 Le  Misti

Vu d'en bas l'ascension parait impossible... mais l'envie de se frotter à ses 6000 mètres en est tout aussi excitante. Ça fait plusieurs semaines que nous sommes aux alentours de 4000 mètres et on se sent assez acclimaté pour tenter l'expérience. Après avoir rendu visite à 5 agences, on repère celle qui nous parait la plus sérieuse : Carlos Zárate Adventures.

C'est dans le 4x4 de Carlos, conducteur et guide (de père en fils depuis 3 générations) que nous partons a 9h du matin. Nous y faisons la connaissance de Gabriel qui sera aussi de la partie. 3h de piste à travers la pampa au milieu de vicognes et guanacos nous mènent à 5000 m
Nous ne ressentons pas les effets du manque d'oxygène, c'est plutôt bon signe... pour l'instant. 
     


On commence tranquillement par une petite mise en jambe d'une heure et demi pour arriver jusqu'au lieu de campement à près de 5200 m. Le sac pèse son poids, surtout avec nos 5L d'eau chacun, les gros sac de couchage, les matelas et la tente. Mais heureusement tout ça va rester  au camp lors de l'ascension.



On monte la tente, puis petite sieste et à 17h c'est le dîner, spaghetti bolo mmm et enfin au dodo. La nuit est difficile car il fait froid et l'altitude empêche le sommeil profond. Sortir pour aller au petit coin s'apparente à une mission commando.



A 2h du matin Carlos nous réveille même si l'altitude s'en était déjà bien occupée avant sa venue. On s'arme de toutes les épaisseurs possibles, doubles pantalons, doubles chaussettes, gants de ski, bonnets, écharpes remontant jusqu'au dessous des yeux... Le froid pique sévèrement, et le maté de coca est bien venu pour attendrir le pain à demi gelé.

Là, on est désolé, il n'y a plus de photos... Trop froid... Mais vous aurez une belle vidéo à la fin de l'article !!

A 3h nous commençons l'expédition. Carlos impose directement un rythme très lent, on sent l'expérience d'un bon guide. Il fait -5° et nos gants ne suffisent pas à adoucir la morsure du froid, on doit s'en cesse les remuer :-).

Le ciel est découvert et la lune nous offre une faible lueur. Mais pour l'instant on ne voit pas grand chose, à part nos pieds au milieu du scintillement de la terre gelée, éclairée par nos frontales. Petit à petit les effets du manque d'oxygène apparaissent. Le secret c'est de toujours garder le rythme, aussi faible soit-il, pour maintenir stable celui du cœur et de la respiration. Un seul pas plus grand que l'autre et on ressent instantanément le souffle s'accélérer. 

Au bout d'une heure le moral est toujours bon et nous avançons bien. Mais peu à peu le froid s'accentue et cela ne fera qu'empirer jusqu'au levé du soleil. Il est difficile de boire car l'eau a commencé à geler dans nos bouteilles et de toute façon nous nous abstenons de tout mouvement superflu. La nuit, les pas, le souffle... voilà à quoi se résument les premières heures. Tâcher de garder l'esprit dans l'instant présent. 

Vers 5h la fatigue apparait, accompagnée des pensées parasites : c'est dur, je n'ai plus de force, je serais mieux dans un bon lit, il fait trop froid, pourquoi je m'impose ça ?... Est ce que j arriverai en haut ? Chuuuut !
Il faut calmer le mental et revenir dans l'instant, un pas puis un autre, pas plus vite que la respiration ne le permet. Le chemin est toujours plus important que l'arrivée.

De temps en temps on demande à Carlos de s'arrêter pour faire une courte pause et on repart vite avant que nos orteils nous rappellent que le sol est gelé.

A 6h, on est à 5800m, la température est au plus bas, mais le soleil commence à montrer ses premières lueurs . Par contre on ne voit toujours pas le sommet. Tout autour de nous le paysage se révèle petit à petit, c'est magnifique, comme si on le voyait depuis un avion. Ça nous donne un peu de courage pour continuer.

Les deux dernières heures sont très longues, on s'arrête de plus en plus fréquemment et on se demande si c'est pas trop dur pour nous. Lolo confie même à Ciçou qu'elle finira peut être seule... mais elle lui donne le réconfort suffisant pour se relever et continuer. Petits pas après petits pas, chacun d'eux est une lutte. On donne tout ce qu'on a à la montagne et en récompense elle nous offre la vue de son sommet. Carlos est aussi là pour nous motiver, marchant toujours avec un rythme optimal et s'arrêtant dès qu'un de ses petits gringos s'affale de fatigue.

Vers 8h, on est plus qu'à 150 m de l'objectif, l'oxygène a diminué de moitié et ça se sent. Carlos nous dit qu'on en a pour 20 minutes. 20 minutes pour 150 petits mètres... Même avec les poignets attachés aux chevilles on irait plus vite si on était au niveau de la mer !




Finalement, poussés par l'euphorie nous arrivons enfin au sommet du Chachani !!! 6075 m ! L'émotion est forte ! Et on se donne tous de grandes embrassades pour se féliciter. On reste 10 minutes à contempler sans mot la vue incroyable qui s'offre à nous et à jouir de notre victoire.





La descente se fait par un raccourci à travers des coulées de sable et de pierres très pentues et nous rejoignons le camp en 1h30! C'est sur la descente que nous ressentons un peu le mal d'altitude mais rien de plus qu'un bon mal de tête.

Nous sommes exténués et nous savons qu'il faut encore démonter les tentes et revenir jusqu'au 4x4. Mais on est tellement satisfait d'avoir réussi que l'on se sent heureux!


                                                                                                         Un renard s'invite au camp


Même si l'expérience a été très (très) difficile, elle nous a permît de voir qu'on pouvait se surpasser :-) 

dimanche 18 août 2013

Histoire d'un tremblement de terre dans le Canyon de Colca


Il était une fois nos trois compères Ciçou, Lolo et Xav, partis à la découverte du Canyon de Colca à plusieurs heures d'Arequipa. 
Ils ne s'attendaient pas à rencontrer un chemin semé d'embûches et à vivre une grande aventure, mais soyez patients, les détails vont arriver...


Tout a commencé à la gare routière où ils ont eu la mauvaise surprise de constater à leur arrivée que le bus était complet. 
Toutefois, suivis par la "buena onda" ils se font indiquer une entreprise privée de minivans, à deux pâtés de maisons, qui pour le même prix les accompagne à destination. 



Le trajet se déroule sans encombre en passant par un col à 4900 mètres d'altitude, dans des paysages superbes au milieu de vigognes et alpacas. Le voyage offre même une belle vue sur le volcan Sabancay en activité qui crache sa fumée mais nous aurons l'occasion d'en reparler.




Voilà donc nos trois compères à Chivay, aux portes du Canyon, ne résistant pas à l'appel des bains thermaux du village pour se délasser et se réchauffer, un cocktail de Pisco Sour à la main dans les vapeurs d'eau chaude.



Après une extinction des feux à 20h et une bonne nuit de sommeil pour prendre des forces, nos trois amis poursuivent leur route jusqu'au point de départ de leur trek. C'est là que l'aventure commence. 


Ils entreprennent une franche descente de 1000 mètres de dénivelé jusque dans le Canyon, sous le regard attentif de quelques condors en chasse. Malgré l'appel de la faim et les contestations des genoux, nos trois aventuriers ne s'arrêteront qu'une fois arrivés à destination, au petit village de San Juan. 

 

Et là devinez quoi... Ils sont accueillis non seulement par les propriétaires adorables d'un petit hôtel, mais aussi par leur bébé alpaca de 4 mois à qui il faut encore donner le biberon! Comment ne pas fondre?
          

Au cours de leur escale d'une nuit dans ce petit patelin, nos trois protagonistes font la connaissance d'un couple d'espagnols et d'un couple de canadiens. Et voilà qu'au moment de partir le lendemain matin, une nouvelle embûche survint : Thomas, l'espagnol, s'est déboîté l'épaule et il n'a pas vraiment choisi le bon lieu pour ça... Ne pouvant se résigner à abandonner leur nouvel ami, nos gringos font de leur mieux pour essayer de lui apporter du réconfort et d'apaiser son mal durant plusieurs heures, en attendant l'arrivée d'un médecin qui parviendra heureusement, mais non sans mal et sans contorsion, à replacer l'épaule de Thomas.

L'aventure peut reprendre, sans les deux espagnols qui vont rester une nuit de plus au village pour se reposer et se remettre de leurs émotions.

Pourtant les embûches ne sont pas terminées! 

Quelques heures de marche seulement séparent le village de l'Oasis superbe où se rendent nos randonneurs. 


Mais voilà qu'en arrivant dans ce petit coin de paradis et de verdure, tout est complet. Aucune chambre n'est disponible et il est trop tard pour envisager de remonter. Qui plus est, personne n'est vraiment accueillant ici. 

On leur propose finalement de dormir dans une petite cabane sur des canisses qu'ils devront disposer sur le sol. C'est bien mieux que rien du tout et c'est avec le sourire que l'équipe accepte cette solution, sachant bien qu'il n'y en a pas d'autre...


Pour se laver, un petit plongeon (rapide car il fait froid) dans la piscine. Puis la soirée se déroule sur la pelouse, entre gringos, autour de quelques mojitos négociés en arguant du fait qu'à minuit c'est l'anniversaire de Ciçou. Ils sont malins nos aventuriers...




Dans la nuit, ça tremble assez fort et c'est le premier tremblement de terre vécu par Xavier. Nos protagonistes l'ont bien sentis couchés à même le sol. Et ils entendent autour d'eux des chutes de pierres dans le Canyon. Tout ça n'est pas très rassurant...

Le lendemain, 16 juillet et jour de l'anniversaire de Ciçou, il leur faut remonter 1000 mètres de dénivelé et ce n'est pas la partie la plus facile. Bien au contraire. Il fait très très chaud, il n'y a pas un nuage, un soleil de plomb et ça grimpe hard sans jamais voir la fin... 



Puis Lolo lance un cri de victoire indiquant qu'il est arrivé en haut, motivant ainsi ses deux amis qui savent désormais qu'ils ne sont plus très loin. C'est ensuite au tour de Xav de faire son cri de guerre suivi pas Çiçou. Ouff, ils sont arrivés en haut, complètement déshydratés mais heureux de cette ascension jusqu'à la petite ville de Cabanaconde où c'est la fête de la vierge. (Oui, encore... A croire que c'est un prétexte des péruviens pour faire la fête...)

Après un peu de repos dans un joli hôtel avec hamacs, et un bon repas d'anniversaire c'est l'heure du bal et du feu d'artifice sur la place du village. 


Et voilà qu'au moment où nos trois aventuriers fatigués s'apprêtent à aller se coucher, un violent tremblement de terre de magnitude 6 secoue le village qui se trouve en plein sur l'épicentre. Si les musiciens ne se sont pas arrêtés de jouer du haut de leur estrade, tous les habitants, eux mêmes surpris par la force de la secousse, se sont rués à l'extérieur de leurs habitations. 

Dans les magasins, de nombreux articles et parfois même des étagères entières sont au sol. Dans les rues des murs se sont écroulés et dans la chambre de nos trois compères, pièce pourtant anti sismique, des morceaux de plâtre se sont décrochés. 

Sur les conseils de Lolo, ils ont alors établis une stratégie de sortie urgente de la chambre au cas où une secousse similaire surviendrait dans la nuit, allant même jusqu'à dormir la porte ouverte pour être sûrs de pouvoir sortir. Ils sont prévoyants hein? Manifestement ils ont bien fait car s'ils n'ont pas eu besoin de sortir, la terre a continué de trembler toute la nuit, les réveillant en sursaut à maintes reprises... Quelle nuit!

Au réveil, le Canyon était fermé et sur le chemin du retour à Arequipa, nos trois aventuriers ont pu se rendre compte de l'impressionnante masse de poussière soulevée dans la nuit... Le responsable de cette activité sismique n'est autre que le volcan Sabancay dont nous parlions au début de cette histoire. Pour Xavier c'est la dernière d'histoire, et il devrait s'en souvenir de celle là...


Pour Ciçou et Lolo, attristé par son retour en France, l'aventure continue dans les ruelles d'Arequipa où ils ont rendez-vous avec leurs deux amies Julia et Mathilde. Mais si rappelez-vous, ils sont allés au Machu Picchu ensemble...